Le forró

Le forró, est tout à la fois un style musical et une danse brésilienne. Connu dans tout le Brésil on distingue deux courants de danse, le « forró pé de serra » (du nom d’une chanson de Luiz Gonzaga écrite en 1946), issu du nordest et le plus traditionnel, et le forró universitario ou Forró Universitaire ( issu de Sao Paulo).

Le forró est aujourd’hui à dimension européenne. Le forro est depuis quelques années, la nouvelle danse qui envahit les bars de la capitale. Il est aujourd’hui possible de danser tout les soirs de la semaine à Paris, l’une des capitales européene les plus actives en forró.

Il existe entre autre, deux explications possibles à l’origine du mot forró. La première est qu’il viendrait de l’expression anglaise « for all » : pour tous. En effet, les soirées organisées par les américains (lors de l’expansion du réseau ferré) été ouvertes à tout le monde (y compris à la population locale) et auraient pris ce nom. La deuxième est que le mot forró viendrait du mot Forrobodó, qui veut dire bal populaire, confusion, bordel. Si les deux explications se rencontrent régulièrement, aucune des deux ne semblent plus admise que l’autre.
L’expension du forró au Brésil s’est faite vers les années 1940, suite à l’exode rural des Nordestinos (habitants du Nordest) vers les Etats du Sud, en quête d’un emploi. Considérée comme une musique ringarde par le reste de la population, les travailleurs Nordestins se réunissaient alors entre eux pour danser et écouter le forró. Puis, petit à petit, c’est l’ensemble de la population brésilienne qui s’y met et popularise ainsi le forró. Son apogée à lieu dans les années 60, avec la création de « casa de Forró » et des premières écoles.

La musique forró

Presque toujours accompagnée par le chant des musiciens, les instruments de bases du forró sont le triangle, la zabumba et l’accordéon (sanfona), parfois accompagnés par le pandeiro, la rabeca (violon du Nordeste), ou le pifano (flûte).
Le forró comprend 4 rythmes de bases principaux : le baião, le xote, le xaxado, le rastapé.

La plupart du temps, les chansons parlent d’amour, le forró étant une forme musicale entraînante et gaie, sur un tempo relativement rapide. Ce genre musical provient d’un mélange du tambour indien des précolombiens et de l’accordéon des colons européens. Les artistes brésiliens traditionnels les plus représentatifs de ce genre de musique sont Luiz Gonzaga, Dominguinhos, Jackson do Pandeiro, entre autres. Parmi les groupes de forró, on peut citer Trio Virgulino, Trio Potiguar, Rastapé ou Falamansa. Aussi, Gilberto Gil a commencé sa carrière de musicien en tant qu’accordéoniste de forró.

Danser le Forró rastapé

Le forró est une danse de couple, joyeuse et subtile, mélant tout à la fois sensualité (le forró se danse très proche) et énergie. Au brésil, le forró est pratiqué principalement en soirée, après la journée de travail, et c’est pourquoi on voit les gens danser en « traînant » les pieds. C’est ce qui caractérise le style rastapé, les pas de bases sont répétés en continu, avec très peu de variation, et les passes (avec les bras) y sont quasiment absentes.

… ou danser le Forró Universitario !

Le « forró universitaire« ,plus récent (milieu des années 90), a vu le jour à São Paulo et s’est très vite répandu notamment dans le sud du Brésil. Dans le forró universitaire, c’est le xote qui est le plus représenté (la proximité entre le xote et le reggae y est probablement pour beaucoup). Sur la piste, les couples sont enlacés et semblent enchaîner des figures chorégraphiées. Mais loin de là. Cette impression est probablement due à l’apport de figures issues de danses telles que la lambada, la salsa, la samba de gafieira, le two-steps américain ou encore le tango argentin.